Course Va'a Porquerolaise 2015

Course Va’a Porquerolaise 2015

« La  Porquerollaise 2015 » vue par une « primo participante » J
L’album photo est après la lecture

Le 18 juillet 2015 eut lieu la 17eme édition de « La Porquerollaise », course mythique s’il en est, organisée par l’association de pirogue polynésienne «  Toulon Va’a » à Carqueiranne.

La distance parcourue, 65kms, réservée aux V6 en relais avec changement de trois rameurs est un unique en France.

Porquerolaise Le parcours du bateau

Nos deux vaillantes équipes, l’une masculine, la Team BAC, composée exclusivement des fameux rameurs du BAC ayant l’habitude de naviguer et s’entrainer ensemble avec succès et l’autre, mixte, la Team Ile de France, regroupant des rameuses et rameurs de clubs de Champigny, de Thonon et du BAC tout aussi émérites, en dehors de leur valeur propre, car ne se connaissant pas tous. Heureux mélange, nous le verrons par la suite.

 

Vendredi 17 juillet : Le départ se fit avec deux camions du club, l’un partant dès « potron minet », à cinq heures du matin tapantes de la Base Nautique de Sèvres, l’autre après avoir fait un «  détour »  par les championnats de France de descente. Et oui, certains cumulards ajoutent les joies de la descente et des championnats olympiques de kayak à ceux du Va’a ! D’heureux chanceux étaient aussi sur place avec leur famille après avoir participé à d’autres courses aux noms enchanteurs comme «  Monoï et îles sous le vent ! »

Et, c’est parti pour le long voyage vers le Grand Sud, la mer toute bleue, le soleil, la course, quoi ! Sagement, les pirogues nous attendaient déjà sur le sable de Carqueiranne..

Ambiance dans le camion : Travail sur ordi pour un studieux, anecdotes et blagues de échangées pour d’autres, «  gros dodo » pour notre accompagnatrice Alexandra de Champigny, ange gardien de l’équipe «  Ile de France » pendant la course.

Au fil des kilomètres, l’ambiance évoluait. Tels des chevaux de course sentant l’écurie (difficile de trouver la même image avec des poissons ! Des dauphins, peut-être ?) Les hommes avaient un « je ne sais quoi » dans le regard qui annonçait l’envie d’arriver. Les remarques spirituelles fusaient : «  C’est quand qu’on mange ? On arrive bientôt ? »

Puis soudain : «  La mer ! » Là, devant nous, Marseille. Son port, ses gros bateaux et installations portuaires. Cigales, chaleur, on arrive. Merci chauffeur. Le temps de récupérer les pirogues restées là de la course du Monoï, vite à Carqueiranne pour remplir les formalités à temps !

 

Porquerolaise Montage des Va'a

Plage des Salettes, 14h30. Nous y sommes. Pendant que les chefs d’équipages vont s’acquitter de leurs tâches administratives, confirmations des inscriptions, contrôle des V6, les autres font le point. L’équipe île de France fait connaissance. Des Canadiens (très) expérimentés, un suisse (très) expérimenté, des rameurs campinois (Habitants de Champigny) ( Solides, mais première participation pour certains et grande expérience pour d’autres), une sévrienne (solide, mais première participation). Bref, comme dans un orchestre, les différents instruments vont devoir jouer d’une seule voix sous la direction d’un pépéru* calme aux nerfs d’acier..

Premier tour de piste ensemble. Mise à l’eau. Remontée. La faoro* dit : « ça va marcher ». Tous répètent : « oui, ça va marcher» et tant pis pour ceux qui doutent.

Du côté du BAC, pas de problème apparemment, les gars se connaissent, efficaces et confiants, ils vont bien s’amuser.

Les pirogues s’alignent sur le sable chaud de la plage Peno (Baie des Salettes). Des tentes blanches des vendeurs tahitiens et polynésiens de produits traditionnels et parfumés des îles et des tatoueurs, attirent badauds et participants. Qui veut une fleur de tiaré pour ses cheveux ? Au loin, les îles d’Or, Fourmigues et l’île de Porquerolles autour de laquelle nous devrons tourner demain, vers Port Cros.

Tout à coup, le Haut-parleur annonce : « Dans cinq minute, défilé des équipes ! »

Porquerolaise Defile

Hop, rassemblement instinctif des équipiers éparpillés autour des deux pagaies porte-drapeaux de nos deux équipes. L’une portant fièrement le beau polo bleu du BAC, l’autre, heu.., portant fièrement le beau maillot jaune de la course mais tous réunis dans le bonheur d’être là. Puis vint le temps du briefing course sous le chapiteau. Présentation du parcours, rappel des règles, traduction en « anglais » pour les équipes internationales.

Le soir avance sur cette plage du sud. IL fait toujours aussi chaud. Douceur du temps qui s’étire. Les problèmes techniques réglés, il est temps d’aller faire ensemble honneur au délicieux repas Tahitien, bien sûr, préparé par l’organisation hôte de l’événement. Puis, après un ultime détour par l’incontournable glacier de la plage pour certains(nes), direction fut prise pour le joli gîte / mas qui devait accueillir les deux équipes. Après les dernières mises au point et les répartitions des bouteilles d’eau (très important, chacun boira en moyenne trois litres d’eau pendant la course), au lit !

Samedi 18 juillet : Le rendez-vous était fixé vers 6 heures, 6 heures trente pour un copieux petit déjeuner fourni par les organisateurs à la plage. Tout le monde était fin prêt, en belle tenue d’équipe bleue et jaune à motifs polynésiens pour la Team Bac, en blanc et noir chic avec le maillot jaune de la course pour la Team Ile de France. Après un ultime contrôle de sécurité, gilets, téléphone, traceur, jupes etc.. Le haut-parleur appela tout le monde pour la traditionnelle prière des équipes en polynésien. Là, concentrés, les rameurs des différentes équipes se prirent soit par la main, soit par l’épaule dans un silence respectueux. Soudain l’orateur rugit : « Allez les fauves, allez les lions !» De quoi gonfler à bloc le plus timoré des rameurs ! Sourires et rires nerveux. On y va !

Les pirogues sont serrées les unes contre les unes contre les autres. Attention aux collisions !. IL est huit heures vingt. Départ à trente. Les pirogues sont « vraiment » très proches les unes des autres. Chacun se concentre. Coup d’œil à gauche, à droite, on jauge l’adversaire. Respect vis-à-vis des plus célèbres d’entre les équipages. Mais personne ne laissera sa place ! La « Team Bac » et « L’Ile de France » sont côte à côte. Un petit sourire de part et d’autre, c’est tout. Concentrés, nous sommes ! On guette le lever du drapeau du coin de l’œil. Un malin jette encore: «  Allez les fauves ! » Soudain, ça y est, c’est parti ! Départ en trombe pour les équipes du BAC et Ile de France giclant d’écume et de coups de pagaies. Tels des insectes aquatiques géants et rugissants à six pattes, les pirogues vont à toute vitesse vers les îles. Frôlant parfois leurs pépérus** adroits à la manœuvre évitent les obstacles. Ouf, aucun accrochage. Les couples de course se forment et s’affronteront pendant des heures. Certains filent déjà dans le lointain. D’autres seront distancés. Le rythme est soutenu. Les tare*** lancent«  YEP !» Les changements de bordées sont rapides. « Ne regardez pas les autres, fixez celui qui vous précède. » «  YEP ! »On est dans la course.

Neptune a été clément. Peut- être trop. Mer d’huile ou léger clapot. Pas une seule bonne grosse vague pour surfer et reposer les épaules. Les Fourmigues se rapprochent. Au bout d’une heure, sur le bateau suiveur, les directeurs de course et leurs aides organisent les premiers changements. On entend : «  Dans 10 minutes les 2, 3,5 sautent ». Puis : «  Dans cinq minutes.. » Puis « Sautez ! » Plouf !e n arrière dans l’eau bleue à la fraicheur réparatrice.

Porquerolaise Bonjour la baleine!

Hop, on hisse les trois naufragés dans le zodiac. « Bois, Mange ». «  Tu as bu ? » «  Tu as mangé ? » Mais aussi : «  Regarde les îles d’or, comme elles sont belles. Profite de l’instant ; récupère » Parfois, entre deux moments intenses, entre deux sessions « saut/ Rame/saut/rame » Un moment magique. La nageoire voile d’un immense poisson lune venu des profondeurs prendre un peu le soleil, comme sorti d’un autre monde.

« Dans cinq minutes vous repartez ! » «  Hop à l’eau ! » Et c’est reparti pour 20, 40 ou 60 minutes pour les hommes courageux sur un rythme rapide.

Passage de Porquerolles par le Sud, et route vers l’ile de Cros. Superbe paysage, enfin si l’on est en repos sur le bateau accompagnateur. Les groupes se sont formés, l’équipage Ile de France tient bien sa place et celle du Team BAC tente un effort pour décrocher l’équipage coude à coude. La pointe sud passée c’est le temps du relais qui va faire la différence, tout le monde est aux taquets. Surprise, au moment de remonter dans la pirogue, celle-ci se retourne!
Tous s’activent, écopage et cela repart, pirogue à moitié pleine, le 4 toujours à l’écope … il faudra plusieurs bordées avant de retrouver tous ses moyens. Mais tous tapent dans le dur pour se refaire.

L’ile de Cros n’en fini pas d’arriver puis c’est la passe entre Cros et l’ile de Bagaud, un autre moment magique avant le retour vers le Grand ribaud. La traversée retour voit la brise thermique se lever un peu avec un léger clapot. Les pépérus sentent bien la différence, c’est plus physique. Le passage de la pointe nord de Porquerolles est encore un beau cliché qui met plein de poudre aux yeux avec sont chaos de rochers en équilibre et ce trou improbable.
Après le grand Ribaud il faut repasser les Fourmigues par l’ouest avant de repiquer droit sur Carqueiranne.

Fait toujours aussi chaud, mais personne ne laisserait sa place pour rien au monde. Derniers changements avant la fin, pour l’équipe Ile de France, puis à environ cinquante minutes de l’arrivée le pépéru** annonce : «  N°1, ça va,n°2, ça va ? » et ainsi de suite jusqu’à lui-même, le 6 J, pour s’assurer que tout son petit monde peut tenir jusqu’à la fin de la course et suivre le rythme rapide de la faoro*

Scénario similaire sur la Team BAC, mais ce sont les accompagnateurs qui évaluent la troupe. Le dernier bord est tendu, personne ne veut lâcher mais les 60km passés sont là.

«  Ne lâchez rien jusqu’au bout ! » «  On regarde droit devant » « On s’applique loin de devant »c« Jusqu’au bout ! »

Dernière bouée à bâbord pour dérouler le chenal de la plage vers la ligne d’arrivée.

Porquerolaise L'arrivée

Partout, dans tous les équipages les mêmes paroles, les mêmes muscles qui parlent aussi. Mais tout le monde est heureux de terminer la course, d’être présents à l’arrivée, les rameurs oublient les courbatures baissent la tête et : «  allez, jusqu’au bout » !

Lancées, les pirogues vont-elles monter sur le sable de la plage ? Mais non, une fois les bouées d’arrivée dépassées les vaillants va’a s’immobilisent gentiment. Sourires des équipiers. C’est fait ! On se jette à l’eau, accueillis et félicités par ceux qui sont arrivés avant. C’est déjà fini ? De jolies vahinés offrent des colliers traditionnels aux hommes et femmes fourbus. Bonheur d’être arrivé et déjà une pointe de regret. On remonte les va’a sur le sable. «  On a fait combien ? »

La team BAC est un peu déçu de son classement avec ce chavirage mais l’équipe Ile de France affiche une belle performance pour un mixte monté de toute pièce avec moins d’une demi-heure après la Team BAC !

La soirée sera longue, avec la récupération des pirogues et du matériel laissé dans les bateaux suiveurs, mais aussi festive, avec la remise des prix aux premiers (et félicitation pour les autres quand même) un beau spectacle de danse et un bon repas tahitien en musique.

Porquerolaise danse

Demain, il faudra s’en retourner à Paris pour certains. D’autres auront la chance de rester encore un peu et prolonger la fête. Allez, encore une dernière petite glace ou une dernière petite bière tahitienne. Il y aura d’autres courses, d’autres championnats, mais, la Porquerollaise, on vous l’avait bien dit, c’est unique!
Ce n’est pas vraiment un Nana**** que tout le monde se souhaite, mais plutôt à l’année prochaine !

 

Remerciements à Dorothée pour ce compte rendu et surtout félicitations pour cette première participation méritoire !

 

*Faoro : le cadenceur, donne le rythme.

**pépéru : celui qui barre la pirogue, le seul avec le tare à avoir le droit de parler sur la pirogue

***tare : celui qui crie les célèbres «  yep, yip.. » pour annoncer les changements de bordée, plus ou moins longs, plus ou moins rapides.

**** Nana : au revoir en tahitien

 

Post course, he oui il fallait rentrer, deux minibus, deux trajets, deux histoires …

Au choix, retour direct ou direct via … un petit crochet de 3h. Qui arrivera le premier ?

Le retour direct depuis Toulon pour Paris c’est L’autoroute du sud, mais pas pour tout le monde et encore moins pour notre Poupou national en compagnie de deux galantes.

Pour le deuxième camion avec sa remorque de 14m, il s’agissait de récupérer en sus un dragon boat de 250kg à trois et demi (Marion en écharpe) … à Sète. Après une petite rallonge suite à une sortie d’autoroute ratée pour cause de bavardages, chargement des 250kg avec des passants réquisitionnés, mais sympas.

De l’autre côté, c’était du piplettage, mais du gros piplettage, sur l’A5, oui celle qui va dans l’est … pour y faire le coup de la panne. Même en 2015 ça se fait encore !

Résultat, le dragon express va plus vite que le trafic Poupou direct ! 😀

L’album photos c’est ICI!