Boucles de la Marne 2017

Boucles de la Marne 2017

Exceptionnellement, le webmaster ayant littéralement croulé sous les contributions, voici deux récits pour le prix d’un!

Dimanche 22 janvier, 7h du matin, -7°C, 9 fous, pardon 9 kayakistes passionnés, se retrouvent au club pour charger les bateaux et partir sur la boucle de la Marne. Arrivés au club de Champigny sur Marne, il semble qu’il n’y ait pas beaucoup de kayakistes « passionnés » cette année…

On va se changer dans les vestiaires en respectant la technique de l’oignon, plus il y a de couches mieux c’est!! 10h30 briefing de l’organisation, on nous annonce des plaques de glace sur notre parcours… Puis départ sous le soleil et la brume matinale.

La 1ère partie du parcours jusqu’au club de Créteil se déroule sans problème, sous un magnifique soleil, finalement il ne fait pas si froid!

Le vin chaud nous fait quand même du bien!! On se dépêche de finir nos sandwichs, soupes, biscuits car il faut repartir pour ne pas manquer le passage de la 1ère écluse. Et là, surprise, nous ne sommes plus sur la Marne mais au pôle Nord!!! Il y a d’énormes plaques de glace, épaisses, l’organisation a même prévu le C9 pour faire brise-glace à l’avant!!
L’après-midi est rythmée par le passage des 2 écluses et les plaques de glace en travers de notre route. Il nous reste un dernier obstacle avant de finir notre boucle : le barrage. Débarquement obligatoire et portage sur quelques mètres avant de réembarquer et de revenir à notre point de départ où nous attendent nos vêtements secs et chauds ainsi que des boissons chaudes.

C’était une super journée, qui nous a fait voyager loin de Paris tout en restant à côté. Merci à Dorothée pour l’organisation de la sortie pour le club.

Et rendez-vous l’année prochaine pour encore plus de kayakistes passionnés !

Caro

Et un second récit, vu par Dorothée cette fois.

Un phénomène étrange se produit tous les ans à la même période. Les kayakistes d’île de France se rassemblent, migrent, pourrait-on dire, vers la base nautique de Champigny et, dans un élan irrépressible, descendent la Marne vers Créteil, Maison Alfort, traversent le tunnel de Joinville pour revenir à Champigny. Nul ne sait ce qui les pousse à agir ainsi, en hiver qui plus est. Sans doute l’instinct, l’envie de retrouver leurs pairs, une coutume ancestrale!

Hors donc, dimanche 22 au petit matin, alors qu’il gelait à pierre fendre, (moins 5 pour certains, moins 7 pour d’autres) une joyeuse troupe de kayakistes du BAC décida de sacrifier au rituel et d’aller retrouver les autres membres des clubs de la région pour la migration annuelle. Neuf irréductibles, cinq filles et quatre garçons, super équipés pour affronter les températures polaires, et méga entraînés pour tenir la distance en tête de la randonnée.

A sept heures, tout le monde était présent à l’appel. Le chargement des bateaux sur la remorque fut vite fait bien fait. On est des pros! Enfin… Disons que tout le monde avait hâte d’aller au chaud dans le camion. Les rires fusent et les anecdotes pleuvent pendant le trajet. On parle de « brise -glace » et de voyages en Laponie! Arrivés sur place, le club de Créteil, organisateur en chef, attendait les aventuriers du froid avec du chocolat chaud et des gâteaux. Le froid fait brûler des calories n’est ce pas? Curieusement, les participants étaient un peu moins nombreux cette année, mais très attentifs lors du rappel des consignes de sécurité fait par l’organisation: On ne dépasse pas le bateau de tête… On reste groupés. Les «Neuf du Bac» n’en perdent pas une miette. Deux passages d’écluse? Un tunnel? de la glace à briser? Du vin chaud à la pause? Youpi on va bien s’amuser!

Juste un petit rire (de nervosité) lorsque le plongeur de secours explique qu’il ne tient pas, mais alors pas du tout, à aller récupérer quelqu’un dans l’eau glacée et qu’il se demande s’il plongera, ou le laissera mariner… Très drôle! Et c’est parti! Embarquement des participants dans la joie et la bonne humeur. Le bruit des pagaies et les rires rompent le silence glacé. Les oiseaux aquatiques s’envolent dans la brume au passage des bateaux. La Marne est belle en hiver. On ne sent pas le froid et les kayakistes avalent les kilomètres en équipages simples ou doubles, précédés par un C9 chargé de briser les plaques de glace.

La pause déjeuner arrive très vite. L’entraide légendaire des navigateurs fait que tout le monde débarque en sécurité sur le ponton glissant. Les pieds sont parfois gelés dans l’herbe givrée mais on oublie vite, direction le vin chaud promis! Là encore l’organisation est au top! Soupe, gâteaux et même du soleil. Que demander de plus! Les histoires fusent, le Grand Rassemblement porte bien son nom. Mais… les écluses sont comme les marées, elles n’attendent pas! Vite, il faut ré-embarquer pour le premier passage. L’écluse de Créteil, qui va nous faire descendre de plusieurs mètres. Pour les novices et aussi pour les autres, le passage d’une écluse est toujours un événement, alors, quand on est pris au milieu dans la glace, je vous laisse imaginer.. Ambiance. Le bruit des plaques de glace qui s’entrechoquent, les pagaies qui cherchent leur chemin dans les glaçons, la vapeur qui monte des embarcations et le bruit qui enfle, qui enfle, des tam-tams des pagaies sur les embarcations! Hourra! Les portes s’ouvrent et un flot de kayakistes déchaînés se précipite hors de ce qui ressemblait de plus en plus à un piège glacé. Petit point à la sortie. Tout le monde est là, en forme et prêt pour le passage de la seconde écluse qui a lieu après un bref détour dans un charmant petit bras du fleuve.

Deuxième écluse, celle de Saint-Maur. Là, le niveau de l’eau monte, monte.. Attention jeunes novices, et les autres! Méfiez vous de la vague à la sortie! Plouf! Une grosse plaque de glace perfide déséquilibre un malheureux. Heureusement, le C9 et son équipage sur-entraîné le récupère illico. Brrr… «Les neufs du Bac» sont tous en forme! Des champions. Même pas peur on vous dit! Bon, il y a encore un passage amusant. Le fameux tunnel de Joinville. 800 mètres dans l’obscurité. On reste bien au milieu et les parois renvoient les sons qui se démultiplient. Bruits de pagaies dans l’eau froide, rires renvoyés en échos… Le tunnel, c’est chouette!

Arrive ensuite la partie «sur terre ferme» de la randonnée. Un portage obligatoire pour éviter une grosse chute au barrage de Joinville. Aucun problème! Encore une fois l’entraide s’organise et les kayaks sont transportés au dernier lieu d’embarquement pour la toute ultime partie de cette aventure. Et là, surprise, l’un des «Neuf» décide d’aller tester la navigation en C9, histoire de varier les plaisirs. Zou! C ‘est reparti! Les uns en K2, les autres en K1 et donc en C9. On sait tout faire, au BAC CK.

Le soleil chauffe agréablement lors des derniers kilomètres et la grande migration s’achève plus vite qu on ne l’aurait pensé. Comment, on y est? Le dernier coup de pagaie dans l’eau et déjà la nostalgie… De nouveau, un accueil chaleureux de l’organisation. Re-soupe, re-vin chaud, re-gateau! Le retour à la base nautique de Sèvres se fera sans encombres. Plus silencieux sans doute que le départ car nous étions tous encore, du moins en pensée, sur l’eau, dans la brume, au son les plaques de glace craquantes, avec les oiseaux aquatiques et nos amis les kayakistes de tous les clubs de la région. Vivement l’année prochaine pour la prochaine migration !

Dorothée